« Qui sous-estime ses origines, peut perdre son prénom mais pas son nom »
  LES GRANDS CHANTIERS
 

Palmarin Facao est une petite communauté rurale. Mais les ambitions de son conseil rural sont grandes. Pariant sur le développement local, ce conseil compte sur le dynamisme de la population, les ressources de la localité et également sur les partenaires au développement pour sortir du lot des localités déshéritées. Seulement, le travail du conseil rural composé de 24 membres dont des jeunes et une femme ne sera pas de tout repos. Les difficultés étant nombreuses.

À partir de Palmarin, on aperçoit Joal et Fadiouth. L’on se rend compte qu’il n y a que l’océan qui sépare ces localités séparées. Mais cette perception ne révèle pas en fait la véritable distance entre les deux zones. Il faut, pour rallier la communauté rurale de Palmarin Facao, faire le grand tour, parcourir 40 km, plus de distance qu’on ne l’imaginait. À travers une route latéritique tortueuse et cahoteuse. On avale la poussière qui parfois obstrue la vue. Et toutes les précautions sont prises pour que la poussière ne reste pas à l’intérieur du véhicule. Cependant, l’œil vif du chauffeur n’y peut rien : les secousses nous jouent des tours. À l’entrée de Palmarin, on commence à humer l’air frais. Et ce sont des points d’eau qui accueillent le visiteur. Des points d’eau qui constituent un véritable havre de paix pour les oiseaux. Des oiseaux dont la présence témoigne de l’abondance des ressources naturelles et de la situation de l’environnement devenue une préoccupation communautaire à Palmarin Facao.

Palmarin Facao est une petite Communauté rurale qui cherche à s’insérer dans la dynamique du développement local. Et ce ne sont pas les potentialités qui y manquent. Palmarin Facao, situé dans l’arrondissement de Fimela (Département de Fatick), est la quatrième est plus petite que Loul Séssène, Fimela et Djilasse, les trois autres Communautés rurales. Elle appartient à la zone de la Réserve de biosphère du Delta du Saloum constituée de trois grandes aires historiques : le Niombato, le Gandoul et le Khiréna. C’est le Khiréna qui regroupe les îles de Dionewaar, Niodior et les agglomérations longeant la Petite Côte jusqu’à Mbour. Le mot « khirèna » renvoie dans son ensemble au « Précurseur » parce que constituant la zone de tampon entre l’océan et les îles du Saloum.

La Communauté de Palmarin s’étend sur une superficie de 77 km2 dont 12 % de sol sablonneux propres à l’agriculture, 40 % de mangrove dégradée qui borde les chenaux (bolong dans le langage courant) et 48 % de tanne et de vasière dont l’influence de la sécheresse et le déboisement ont accentué l’acidité. Elle est limitée à l’Est et au Sud par les bras de mer Le Sine et Le Saloum, à l’Ouest par l’Océan Atlantique et au Nord par la Communauté rurale de Fimela. Elle regroupe cinq villages administratifs : Sam-Sam, Sessène, Nguethie, Ngounoumane et Diakhanor. C’est Diakhanor qui abrite en son sein, le hameau de Djiffer.

Cependant, si l’on considère l’ossature ancienne jusqu’en 1927 (année du raz-de-marée qui a provoqué la destruction des agglomérations), explique Ibrahima Sarr, président du conseil rural, l’on pense à trois entités quand on parle de Palmarin tout court : Ngalou, Sam-Sam et Sessène). Et lorsque l’on parle de Facao, on fait référence à Nguethie et Ngounoumane tandis que Diakhanor renvoie au premier repère spatial de la Dynastie Sérère avec le passage de Mansa Waly Dione après la dislocation du royaume du Gabou. Selon Ibrahima Sarr, cette dynastie part de 1185 à 1969 avec la mort du dernier roi Mayécor Diouf.

Sur la superficie de 77 km2 vive une population qui tourne autour de 10 400 habitants. « Le recensement administratif de 1999 dénombrait la population palmarinoise à 6 700 habitants. Mais les derniers chiffres qui prennent en compte les expatriés ou ceux qui sont consécutifs à la distribution des vivres de soudure de Septembre 2002 font état de 10.400 habitants », souligne le Président du Conseil rural. Cette population de confession musulmane ou chrétienne est composée de Sérère, Wolof, Pular, Diola, Mandjack.

UNE LIGNEE, UN BOIS SACRE

La localité de Palmarin est d’une richesse historique et culturelle extraordinaire. Cet aspect ne sera pas également négligé dans le pari pour le développement local du Conseil rural, au moment où les sites naturels, culturels et historiques sont valorisés un peu partout dans le monde. Ainsi, l’équipe d’Ibrahima a en perspective la restauration de ces sites. Palmarin abrite d’anciens puits symboliques et chargés d’histoire. Ils sont au nombre de cinq : Soumbathioro, Mbélingalou, Mbélamac, Mamanguethie et Ngounoumane. Par exemple, pendant la sécheresse, c’est là que les femmes venaient faire leurs invocations pour le retour des pluies. De même, à Palmarin comme presque partout en pays Sérères, les bois sacrés sont très nombreux. On nous apprend que la lignée y a son bois sacré. On peut citer Sangomar, Balfagni, Thioupane, Fakaman, Guignaman, Fanga, Kormasarr, etc.

PARI SUR LE DEVELOPPEMENT LOCAL

Dans le domaine économique, le Conseil rural s’appuyant sur l’engouement des populations veut réussir la conciliation de l’activité économique à la préservation de l’environnement. C’est pourquoi, dans le domaine du tourisme, la zone attirant de plus en plus de touristes et par conséquent des opérateurs, le Conseil rural prendra toutes les mesures pour anticiper sur les problèmes liés au développement de ce secteur. Donc, concernant les effets du tourisme sur leur cadre de vie, il y a une volonté du Conseil rural de freiner le mal.

« Aujourd’hui, les chaînes d’hôtels de la Petite Côte progressent jusqu’à la pointe de Sangomar. L’activité touristique connaît une importance telle qu’aujourd’hui, le conseil rural dénombre une dizaine de campements fonctionnels en l’espace de dix ans. Mais nous nous penchons sur la question pour ne pas être pris de court. Nous voulons que tout ce qui se fait à Palmarin profite avant tout aux populations de la localité », souligne Ibrahima Sarr. Une volonté qui acquiert l’adhésion des populations. D’où des initiatives locales intégrées dans le plan du développement local. « L’avènement de la réserve naturelle communautaire qui a coïncidé avec la mise en place du Plan local de développement a créé un sursaut salutaire chez les habitants, et ce dans tous les domaines de la vie. C’est aujourd’hui sur cette dynamique sociale que nous fondons la réussite du développement de Palmarin », renchérit-il.

Dans son action de développement local, le Conseil rural travaille avec des partenaires comme l’UICN, le FEM, PROMER, PROCR, PAM, CARITAS, etc. Mais cette zone à vocation agricole souffre de la salinisation des terres. Et le Conseil rural compte sur le PROCER pour la réalisation des digues anti-sel. Toujours avec cette organisation, Palmarin se préoccupe également du manque de formation et d’équipements pour dynamiser la pêche au niveau des villages. C’est dans ce sens qu’il est envisagé la construction d’un quai de débarquement.

En matière d’infrastructures locales, Palmarin dispose d’écoles publiques ou privées dans chaque village et d’un Collège d’enseignement moyen (CEM) depuis 1996. Le taux de scolarité dans la zone est de 83 %. Dans le domaine de la santé, la localité peut également compter sur une case de santé, deux postes de santé et un dispensaire privé. S’agissant de l’hydraulique, il se pose un véritable problème d’eau à Palmarin. D’ailleurs, de l’avis des populations, il n’y a pas d’urgences autres que celle-là. L’eau potable y est aujourd’hui une priorité. « La nappe n’est pas profonde, mais elle est salée. C’est cela le véritable problème. Mais, il y a aussi dans ce sens, la création d’une unité de dessalement qui dessert Diakhanor et Djiffer. Nous avons également avec le PROCER, un projet d’adduction d’eau pour une enveloppe de 65 millions de francs Cfa.

ENCLAVEMENT DE PALMARIN

La Communauté rurale de Palmarin est handicapée par son enclavement. Pour le président du Conseil rural, la localité est enclavée parce que la piste d’accès (Joal-Djiffer), date de 1978. Et, elle n’est toujours pas bitumée « malgré son importance économique ». Le problème de l’électricité se pose également à Palmarin. « Nous n’avons pas de route, de téléphone ni d’électricité. Et, le projet d’électrification rurale ne concerne que le chef-lieu de communauté rurale. Nous aimerions, pour un meilleur cheminement socio-culturel de la population, que tous nos villages qui ne sont pas très distants bénéficient de cette électrification rurale. De même, l’extension du réseau téléphonique aux autres villages fait partie de nos urgences pour le désenclavement de Palmarin », souhaite M. Sarr.

Le Soleil (Article publié dans l'édition du Mardi 17 décembre 2002)

 
 
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