« Qui sous-estime ses origines, peut perdre son prénom mais pas son nom »
  TANNS ET LA SALINISTION DES SOLS
 

LUTTE CONTRE LES TANNS ET LA SALINISTION DES SOLS : Les habitants de Palmarin réhabilitent l’île de Diatt

La mobilisation était exceptionnelle, ce jour-là, à Ngallou. Et malgré ce soleil de sel et l’innommable canicule à lui lié qui, en cette matinée d’août, avaient fini d’envelopper l’île désertée de Diatt dans sa chape de plomb. Tout ce que Palmarin compte de jeunes, de femmes et d’enfants s’étaient donné rendez vous sur les tanns qui s’étendent à perte de vue. C’est-à-dire sur ces terres ingrates devenues impropres aux cultures du fait des effets conjugués des sécheresses successives et de l’avancée de la mer et sur lesquelles pourtant avait poussé jadis une végétation luxuriante qu’eut eu peuplé une faune dense et riche.

Ils s’étaient, pour l’occasion, parés de probité (avec ces tee-shirts immaculés frappés à la même effigie du «Corepa» qu’ils abhorraient) et dans une ambiance festive que seuls les Sereer de leur fief légendaire de la Petite Côte savent créer, ils faisaient foule. Une foule travailleuse, débonnaire et bariolée qui avait pris d’assaut les lieux. Armés qui, de piques et de pelles qui d’autres, d’écuelles de brouettes ou d’autres instruments aratoires de fortune, ils besognaient dur sur la latérite trempée par les premières pluies pour amonceler une boue sagace pour qu’au bout de l’effort tienne cette digue sur laquelle ils comptent beaucoup pour que les arbres plantés par eux puissent un jour grandir et s’épanouir. Et que régénère enfin sur ces lieux l’antique forêt que leurs ancêtres avaient connue hier dans un relief, aujourd’hui hélas tout dénudé et que seuls dans leur séculaire majesté ne viennent rompre dans sa désolante monotonie que ces quelques immenses baobabs tutélaires qui, se sentant doute agressés dans leur quiétude d’un autre âge, se sont regroupés comme s’il ne restait plus aux reliques d’un peuplement ancien qu’ils sont que cette précaire grégarité à opposer à l’implacable aridité ambiante.

Travailler la main dans la main pour la réhabilitation du site de Diatt, voilà ce que, dans un élan de solidarité, s’étaient forgé comme sacerdoce ces femmes, hommes, jeunes et moins jeunes de Palmarin, ce village aux charmes du Royaume d’enfance chanté par le poète qui est en réalité est le nom générique pour désigner tout un chapelet d’autres petits villages sur cette bande de terre qui finit par la Pointe de Sangomar que l’océan dans sa furie momentanée ne cesse de happer chaque jour. Obligeant chaque fois les habitants des cinq Palmarin, qui composent la communauté rurale (Ngallou, Facao, Ngueth, Diakhanor et Djiferre), de trouver refuge sur les terres hautes des contrées de l’hinterland attenant…. Travailler la main dans la main pour la réhabilitation du site de Diatt voilà aussi ce qui est la cause première de cet enthousiasme festif et de cette allégresse communicative notée sur place et qui préfigurait cette fête qui aura permis, pendant plusieurs jours de faire œuvre de civisme écologique tout en conciliant l’utile à l’agréable avec cette première édition des Journées culturelles de Palmarin dont il faut croire, qu’elles sont parties pour faire date dans l’agenda culturel du pays.

Comme l’a expliqué sur place Aliou Sarr, secrétaire général adjoint de la COREPA et coordonnateur de ce projet financé par le FEM /Fonds pour l’Environnement mondial du PNUD et dont les principaux bénéficiaires sont les populations de la Communauté rurale de Palmarin, le choix de ce site pour abriter le projet est d’une extrême importance.

Selon M. Sarr, l’île de Diatt, la zone ciblée pour la réalisation du présent Projet est située à l’entrée de la communauté rurale de Palmarin, plus précisément à proximité du premier village qui est Palmarin Ngallou. À l’image du territoire de la communauté rurale de Palmarin, l’île de Diatt, autrefois très riche en végétation, en faune et en flore, se trouve, selon lui, depuis une vingtaine d’années, engagée dans un processus de dégradation de son écosystème, sous les effets conjugués des sécheresses successives et de l’avancée de la mer, au point que son existence, en tant qu’île, se trouve être menacée

L’île de Diatt, indique-t-il reprenant en cela les propos de Ousmane Sarr responsable sur le terrain des activités et ceux de M. Samir Arsz, un des volontaires de deux ONG jumelles qui appuient les populations que sont Anafa et «Alternatives» une Ong québécoise), est une île non habitée, mais qui jouait un rôle important pour la communauté rurale de Palmarin, particulièrement pour le village de Ngallou.

«Initialement destiné à la riziculture (pratiquée jusqu’en 1972 par les habitants de Ngallou), le site est devenu impropre à la culture où, quasiment, seuls des Baobabs résistent encore à la salinisation des terres et à l’envahissement des tannes. On assiste à une rupture de l’équilibre écologique qui caractérisait l’île, avec d’autant plus de certitude que le site, qui sert toujours de zone de transit pour les oiseaux migrateurs venant de l’Europe, a été en partie déserté par ses hôtes qui menacent de l’abandonner définitivement», explique M. Sarr

Aujourd’hui, expliquent nos interlocuteurs, l’île est complètement désertée par la population de Ngallou et aucune activité ne s’y mène. Par la diversité des actions qui peuvent être entreprises, l’île de Diatt possède un potentiel inexploré par les populations. L’aménagement consistera en la réalisation et la gestion d’une digue de ceinture située aux bordures de l’île, entourant celle-ci, destinée à empêcher l’intrusion des eaux de mer et à permettre l’évacuation des eaux excédentaires, chargées de sel ou résiduelles ; de diguettes suivant des courbes de niveau destinées à collecter les eaux de ruissellement, puis à les évacuer hors de la digue de ceinture (eaux douces excédentaires ou eaux salées) ou les laisser s’infiltrer dans le sol (eaux douces) afin de reconstituer et recharger la nappe phréatique douce, ou encore à les stocker en surface, en vue de l’utilisation agro-sylvo-pastorale et piscicole de ces eaux douces (de surface ou souterraines). Et enfin d’espaces propices, à la fois à l’implantation des oiseaux migrateurs et aux activités de tourisme de circuit et de vision.

L’Aménagement de l’île, par l'arrêt du processus de sa dégradation sous les effets conjugués de la péjoration climatique, de l’intrusion marine et des actions anthropiques, va permettre aux bénéficiaires, par la protection, la régénération de l’île et la mise en valeur de ses potentialités en eaux, faune et flore : d’améliorer le cadre d’accueil des oiseaux migrants de l’Europe en hiver, qui viennent s’y réfugier, de constituer un parc des oiseaux ouvert aux touristes ; de développer des activités économiques telles la riziculture, le maraîchage, l’arboriculture, l’élevage semi-intensif, la pisciculture, l’apiculture ; d’accroître, substantiellement, les revenus et le pouvoir d’achat des populations locales bénéficiaires. Et enfin e renforcer les capacités des membres de la COREPA et de la population en général. L’espace qu’offre l’île permet d’y engager des activités agro-sylvo-pastorales voire piscicoles, dans la mesure où les eaux douces de pluie qui tombent sur l’île, ruissellent ou s’infiltrent, ainsi que les eaux salées qui l’entourent, sont susceptibles de se prêter à de telles activités. De plus, malgré la dégradation de l’écosystème, l’île de Diatt demeure encore un point de chute pour plusieurs oiseaux migrateurs en provenance des pays du Nord. Par contre, si rien n’est entrepris, l’île de Diatt finira par être complètement engloutie par les eaux de mer.

C’est en tout cas l’ambition affichée des membres de COREPA. Une ambition qui a la force d’être partagée et portée par l’ensemble de la communauté évolue cette organisation. La COREPA (Convention pour la Rénovation de Palmarin) est une association de Palmarin Ngallou qui a démarré ses activités en 1995 mais constituée formellement en septembre 1998. La COREPA est une association villageoise reconnue par l'État sénégalais dont l’objectif principal est d’engager des actions en vue de participer au développement économique, culturel et social du village de Ngallou et, par extension, de toute la communauté rurale de Palmarin.

LeSoleil (Article publié dans l'édition du Jeudi 9 septembre 2004)

 
 
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