« Qui sous-estime ses origines, peut perdre son prénom mais pas son nom »
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A la découverte de Palmarin, un paradis en sursis
Publiée le : 11/10/2015 - Source : Agence de Presse Sénégalaise

Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

Sokhna Bator Sall

30 Juillet 2010 

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Palmarin - Palmarin. Le nom de cette belle localité du delta du Saloum viendrait d'une déformation du portugais "Palmarimar", c'est-à-dire palmier. Venus du Portugal, ses premiers explorateurs l'avaient baptisé de la sorte pour traduire leur surprise et leur enchantement de voir tant de palmiers pousser dans un milieu marin.

Aujourd'hui, la communauté rurale de Palmarin s'étend sur 93 kilomètres carrés, polarisant administrativement quatre villages et un hameau peuplés de 10.030 habitants. Palmarin Ngallou, Palmarin Fakaw, Palmarin Djakhanor, Palmarin Nguethe et Djifer sont les entités administratives de cette presqu'île, perdue entre la mangrove et le delta du Saloum.

S'il est difficile de dire qui en est le fondateur, il est par contre visible à l'oeil nu de se rendre compte combien Palmarin est agressé par la mer. A en croire Abdou Ndiaye, un ancien footballeur et fils du terroir revenu sur sa terre d'origine pour y ouvrir un campement, un raz-de-marée a détruit il y a longtemps plusieurs villages de la communauté rurale.

A chaque fois, les habitants ont dû déménager et l'un des derniers villages à déménager de là est Sésséne qui est maintenant rattaché à Ngallou pour donner Ngallou Sésséne, raconte Abdou Ndiaye.

La même infortune est arrivée au village de Diakhanor, rasé de la carte par un violent raz de marée une nuit du mois de février 1987.

"C'est un raz de marée qui nous a surpris la nuit. Les vagues ont fortement cogné et le village s'est divisé en deux. Nous sommes restés jusqu'au jour et nous avons constaté que des maisons ont été emportées par les eaux. Les gens se sont replacés de l'autre côté', raconte un témoin du drame.

Djiffer, décrit comme un hameau et ses quelque 4000 âmes qui y vivent, n'est pas également épargné. Sur le rivage de ce site peuplé de pirogues et de marchands de poissons et autres fruits de mer, on peut voir au loin la pointe de Sangomar. De même, on y constate de près là où le fleuve se jette à la mer... Impressionnant. Mais inquiétant quand on vous narre la manière dont les eaux mordent sur le continent.

"Des usines comme une fabrique de glace, une de farine de poisson, un campement touristique, une réserve forestière ont disparu, laissant des débris de fer", énumère un guide désignant du doigt au beau milieu de l'eau des tiges de fer rouillé.

Malgré tous ces aléas, le paysage est idyllique à l'image de la faune et la flore qui font encore de la communauté rurale une réserve d'oiseaux et d'animaux vivant notamment sous l'élan majestueux de palétuviers sauvages dont la coupe est interdite par les autorités locales.

"On peut quelque part, observer une dizaine ou une quinzaine d'hyènes dans les différentes îles bordant Palmarin, quelque chose que l'on ne peut aujourd'hui trouver nulle part sauf dans les grands parcs", indique Abdou Ndiaye.

A ce propos, il salue le partenariat développé entre Palmarin et des localités de la région de Casamance, en termes de plantations de certaines variétés non existantes de part et d'autre.

"Ce sont des initiatives qui ne sont pas mauvaises pour les populations", estime-t-il, citant en guise d'exemple un jumelage entre une communauté de la région de Casamance et Palmarin. Il a permis des échanges de palétuviers contre des arbres fruitiers comme le manguier.

"Nous avions l'habitude de mettre l'accent sur le jumelage avec des communautés étrangères qui peut nous rapporter certes une fortune mais tout ce qui peut nous faire avancer en termes de développement c'est d'essayer de voir entre communauté rurale ou commune ce qu'il y a d'existant chez l'autre et que nous ne possédons pas et de le ramener", soutient cet habitant de Palmarin.

S'extasier en sa présence sur la beauté du site, revient presque à "allumer" l'hôtelier Abdou Ndiaye qui relève à ce propos : "C'est un village très joli par son paysage inégalable. Nous avons une très bonne flore, une faune, il y a la mer et les bolongs".

"Tout existe à Palmarin. Il suffit de l'exploiter", ajoute-t-il, invitant certains fils du terroir dispersés aux quatre coins du monde à rentrer au bercail en vue de le mettre en valeur.

Palmarin c'est aussi ces nombreux puits de sel creusés un peu partout au bord du fleuve devenu salé après sa rencontre avec la mer. Sécurisés contre la pluie par des couvertures en toile, les puits de sel ont des allures de greniers à mil...

Le sel est recueilli dans ces puits où l'eau salée après séchage l'y dépose. La majeure partie du sel récolté est exportée vers la Gambie via pirogue pour un voyage de quelque quatre heures d'horloge.

Si la mer en dépit de la menace qu'elle constitue ne demeure pas moins un moyen de survie pour les habitants de Palmarin, il en est autrement des ordures ménagères considérées ici comme un casse-tête permanent.

Les dépôts sauvages d'ordures visibles un peu partout freinent l'exploitation adéquate des potentialités de la communauté rurale, estiment les autorités locales qui déploient des trésors d'imagination pour venir à bout de ce problème environnemental.

"Je suis en train de former les jeunes du village dans le cadre d'une association pour le ramassage des ordures ménagères éparpillées sur la plage et dans le village", révèle Abdou Ndiaye dont le réceptif est à deux pas de la mer.

Imaginatif, il a érigé un hangar où après ramassage les sachets en plastique sont stockés. Il compte trouver par le biais du partenariat le moyen d'avoir de quoi les broyer.

Le projet est en cours, souligne-t-il avec enthousiasme avant d'ajouter : "ce ne sont pas les activités hôtelières qui manquent à Palmarin, mais nous sommes bloqués par un environnement non sain".

 
 
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