« Qui sous-estime ses origines, peut perdre son prénom mais pas son nom »
  PALMARIN INFO
 
ILES DU SALOUM - DIOGANE: UN VILLAGE, DEUX VISAGES
Publiée le : 02/02/2017 - Source : sudonline
En plein cœur du Sine, un «petit» village à part : Diogane. Un village sérère niché dans la mythique commune de Bassoul rendue célèbre par l’ancien Roi des Arènes, Yahya Diop «Yékini». L’histoire de cette localité qu’ il faut relier au bout de  2 heures de pirogue, en partant de Djifer, situé à 10km au sud de Palmarin, se confond à celle du guide religieux Cheikh Fodé Lamine Ndong qui a converti les populations en islam. Gâtée par la nature, notamment riche en ressources halieutiques, la vie dans cette localité des «Niominkas», pêcheurs sérères, n’est pas du tout repos. Reportage,
 
Loin des routes butinées et le lot de vacarme quotidien des villes et autres communes. Tout se conjugue ici en eau. Nous sommes dans les îles du Saloum. Bien évidemment une contrée de sérères animée par une vie de pêche très dense. Ce sont les maitres de la mer. Ils peuvent rester des jours dans ces bras de mer pour exercer leur principale activité : la pêche. Nager est leur jeu favori. Gare à leur Roi peul. Oups ! Leurs cousins à plaisanterie, voulais-je dire, de s’aventurer à la nage. C’est leur terrain de chasse. Il est 14 heures quand nous arrivâmes à Djifer, au bord d’un bus, après avoir dépassé de loin Joal. 
 
Voilà un village de pêcheurs qui sert souvent de point de départ pour des excursions en pirogue dans le delta du Saloum : Palmarin, Diogane, Bassoul, Siwo, Bassar. L’activité de pêche est très dense. C’est le terrain de prédilection des camions frigorifiques. Ils desservent le Sénégal et certains pays de la sous-région d’une variété de fruits de mer. Il s’agit principalement des huitres, des moules, des mollusques, des poissons séchés et fumés. C’est le fruit du travail des pêcheurs à bord de leurs pirogues. 
 
En ce début d’après-midi de vendredi, plusieurs pirogues sont à quai, un lieu toujours en cours d'aménagement au bord du fleuve. Certainement, la prière du vendredi oblige. Pendant que le muezzin finit de lancer son appel à la prière, les habitants de cette localité, tapis de prière sur la main, chapelet, pour certains, de l’autre main, prennent la direction de la mosquée. Pendant ce temps, la délégation de la ziarra annuelle de Cheikh Fodé Lamine Ndong s’affaire autour de l’organisation. Deux pirogues à quai nous attendent. « Il faudra partir maintenant. Sinon on risque de stagner à la mer à cause des bancs de sable. A pareille heure, nous sommes en basse mer», signale l’un des habitants de Diogane. 
 
Il fallait alors lever l’ancre, après avoir fait monter dans la pirogue tout besoin nécessaire au bon déroulement de la ziarra annuelle. Pour ceux qui ne connaissent pas, va falloir vous accrocher. C’est deux tours d’horloge de pirogue en partant de Djifer et quatre (4) si nous prenions le départ au quai de Foudiougne. Une routine pour les habitants des îles. Certains se permettent même de prendre une place où ils pourront dormir. Quoi que plus normal pour les sérères. Un parcours de combattant pour les autres qui ont l’habitude de la traversée Dakar-Gorée ou Ngor en moins de 30 minutes. 
 
Départ pris. Cap sur ce village dont la population est estimée à plus de 2 000 âmes. A bord, les discussions vont bon train, pendant que les novices admirent la traversée de la végétation dominée par les cocotiers, les palmiers et la mangrove. Après une heure de traversée, le capitaine de pirogue avait raison de mettre la pression pour être à bord le plus rapide possible. Car, il est arrivé au moment de la traversée que la pirogue marque le pas sur la mer. C’est l’effet de la mer qui dicte sa loi aux nombreuses pirogues, surtout en basse mer où ils sont obligés d’emprunter la voie de contournement. « Nous sommes en marée basse. On serait en retard de 30minutes, on risquait d’être bloqué ici jusqu’à 19 heures pour avoir une haute marée pouvant permettre à la pirogue de se reposer sur l’eau », signale l’équipage de la pirogue. Plus de peur que de mal. La traversée peut maintenant se dérouler paisiblement. Les inquiétudes sont dissipées. 16 heures passées. Au bord de deux pirogues, la délégation arriva à Diogane, du nom de ce village.
 
Composée de Sérères et de Mandingues, la localité de Diogane est ancrée dans une forte croyance religieuse. La religion musulmane est la seule pratiquée au sein d’une population, se référant aux enseignements de Cheikhna Cheikh Saad Bou ibn Muhammad Fadl. L’islam occupe une place importante dans ce village, à telle enseigne que la lutte et certaines les festivités qui accompagnent les cérémonies familiales, comme les mariages et les baptêmes sont interdits.
 
Pour cette 5ème édition de la ziarra annuelle, la célébration du centième anniversaire de la disparition du chef religieux Cheikh Fodé Lamine Ndong a été une occasion pour ses organisateurs de revenir sur les enseignements du Prophète (Psl), notamment le respect de la prière et suivre les fondements de l’islam. Cette édition de célébration du Grand érudit de l’islam a été l’occasion pour les initiateurs de rendre hommage à Serigne Bounana qui a inauguré le mausolée de Cheikh Fodé. 
 
La pêche : un handicap à l’éducation
 
Cette riche tradition amenée par Cheikh Fodé Lamine Ndong qui a converti ce village à l’islam, cache mal certaines disparités. Diogane a un secteur éducatif à double enseignement. En plus de prôner une éducation religieuse, l’éducation formelle rencontre aussi des difficultés. Un tour dans ce lieu d’enseignement et d’apprentissage, à l’école élémentaire, Sambou Yandé Sarr du nom d’un guide religieux qui a lutté pour l’islamisation de Sine, permet de le constater. 
 
Dans la circonscription l’inspection d’éducation et de formation (Ief) de Foudiougne, l’école accueille pour l’année scolaire 2016/2017, 213 élèves répartis dans 6 cours avec le même nombre d’enseignants. Le nombre suffisant de maitres cache mal certaines disparités créant des dysfonctionnements. Le Taux brut de scolarisation chute d’année en année du fait de l’absence d’enseignants en arabe. Ce gros village est toujours ancré dans l’enseignement et apprentissage dans les daaras. Toutes les familles sont de confession musulmane poussant les parents à vouloir inculquer leurs progénitures la religion. « Avoir un maitre d’arabe est une demande sociale depuis 2011. Les parents veulent une éducation religieuse pour leurs enfants», souligne le directeur de l’école, Oumar Ndiaye. Non sans relever aussi le départ fréquent des enseignants du fait de l’enclavement de la zone. Les enseignants ne restent pas longtemps, avec le mouvement national. Ce qui perturbe le taux de progression de l’élève ». Autre facteur de blocage de couverture scolaire de la zone est l’activité de pêche. Cette activité génératrice de revenus constitue la principale cause d’abandon des élèves. Ils étaient 3 à 4% de l’effectif de l’école Sambou Yandé Sarr à fuir les salles de classes pour aider leurs familles à la recherche de profit quotidien par la vente de poissons et autres fruits de mer. A l’école élémentaire, le matériel didactique est toutefois au complet grâce à une dotation conséquente de l’Ief et de la commune. Le seul hic de l’administration est le renouvellement des cahiers d’activités. 
 
La pirogue ambulance hors usage depuis 2011
 
La commune de Diogane dispose aussi d’un poste de santé qui couvre deux villages (Diogane et Siwo) pour une population de 1 600 habitants. La consultation curative, la prévention et l’éducation à la santé est la tasse de thé de l’infirmière Chef de poste (Icp), Diakhou Lô. Originaire de Daara Djolof, cette brave dame consulte, tous les jours, entre 15 à 20 patients, avec le soutien permanent de 2 aides-soignants qui font office aussi de matrone. «Les gens souffrent généralement d’infections respiratoires dues à la pollution et le contact permanant avec la fumée pour diverses raisons», nous fait savoir Diakhou Lô, avant tirer l’attention des femmes sur l’utilisation des plastiques pour cuisiner. Car, le plateau technique est quasi inexistant. Un tensiomètre, un glucomètre sont les deux outils qu’utilisent le personnel sanitaire. Pis encore le pirogue ambulance est hors usage depuis 2011. 6 ans que les femmes enceintes sont obligées de faire 4 heures de pirogue pour se faire interner dans le District de Foudiougne. En cas d’urgence, il faudra s’y faire. L’insularité que traverse cette zone est un cauchemar pour ces femmes. Son enclavement ne fait qu’empirer une situation pas du tout reluisante.  
 
L’eau coule maintenant
 
Grâce à un programme (PUDC), Diogane ne souffre plus d’un déficit d’accès à l’eau. Les populations s’alimentent en eaux de pluies en cette période grâce à des bassins implantées dans chaque maison. Toutefois, cela n’empêche pas de constater la fréquence des maladies diarrhéiques. « Je reçois beaucoup de personnes qui souffrent de diarrhées. Cela est dû au problème d’eau que rencontre le village et les produits halieutiques que les gens utilisent. Ça crée beaucoup d’intoxication», signale l’ICP, Diakhou Lô. Selon elle, la population de Diogane est très mobile. C’est le rush ici au poste pendant la période de Tabaski où tout le monde est de retour.
 
 
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